Le spectacle vivant est une activité très
réglementée. La loi du 18 mars 1999 rappelle que
l'ordonnance de 1945 s'applique aux spectacles
vivants produits ou diffusés par des personnes
qui, en vue de la représentation en public d'une
œuvre de l'esprit, s'assurent la présence
physique d'au moins un artiste du spectacle
percevant une rémunération.
La loi introduit une nouvelle
définition du champ d'application de la licence
d'entrepreneur de spectacles : « Est
entrepreneur de spectacles vivants toute
personne qui exerce une activité d'exploitation
de lieux de spectacles, de production ou de
diffusion de spectacles, seul ou dans le cadre
de contrats conclus avec d'autres entrepreneurs
de spectacles vivants, quel que soit le mode de
gestion, public ou privé, à but lucratif ou non,
de ces activités. »
L'ensemble des spectacles
professionnels est concerné, les collectivités
territoriales sont désormais incluses par ces
dispositions.
Il est à noter que l'obtention
d'une subvention publique contribuant à la
réalisation d'un spectacle oblige l'organisateur
à détenir la ou les licences nécessaires.
D'autre part, au-delà de 6
représentations annuelles, l'organisateur est
tenu de respecter le régime de droit commun et
d'avoir les licences d'entrepreneur de spectacle
appropriées.
Licence d'entrepreneur de
spectacle
Trois catégories de licence
d'entrepreneur de spectacle existent :
les
exploitants de lieux de spectacles aménagés pour
les représentations publiques,
les
producteurs de spectacles ou d'entrepreneurs de
tournées, qui ont la responsabilité d'un
spectacle et notamment celle d'employeur à
l'égard du plateau artistique,
les
diffuseurs de spectacle qui ont la charge, dans
le cadre d'un contrat, de l'accueil du public,
de la billetterie et de la sécurité du spectacle
et les entrepreneurs de tournées qui n'ont pas
la responsabilité d'employeur à l'égard du
plateau artistique.
L'obtention de la licence est
gratuite. La licence est personnelle et
incessible, sa durée de validité est de 3 ans
renouvelables. Les démarches sont à effectuer
auprès des services de la DRAC.
Organiser un spectacle
Après avoir pris contact avec
les artistes, il est important d'effectuer une
visite préalable sur site pour s'assurer que le
lieu de la manifestation peut se prêter au type
de prestation à réaliser. L'idéal est de s'y
rendre avec les personnes directement concernées
(les artistes, les techniciens), de manière à
prévoir le matériel technique nécessaire en
supplément des fiches techniques du spectacle
(câblage, alimentation électrique, régie,
loges…).
D'autres aspects sont également
à prendre en compte tels que la circulation du
public, les aires de stationnement, les
nuisances (bruit, déchets) engendrées par la
manifestation. Les services municipaux, élus,
bénévoles peuvent être associés à cette
reconnaissance pour avoir différents regards sur
l'exploitation du site.
L'ensemble des aménagements
spécifiques doit figurer dans le dossier de
présentation générale de la manifestation.
Toute manifestation accueillant
du public doit faire l'objet d'une demande
d'autorisation auprès de la mairie et de la
préfecture si la manifestation comprend des
aménagements et installations spécifiques, en
extérieur comme en intérieur ou si elle
accueille plus de 1500 personnes dans des lieux
ou locaux non prévus à cet effet.
Ces démarches administratives
doivent se faire suffisamment à l'avance (deux
mois).
La déclaration de la
manifestation se fait dans le but d'assurer la
sécurité du public. En effet, selon la nature de
la manifestation, le lieu de sa réalisation et
son envergure, des services supplémentaires de
secours et de gendarmerie peuvent être mis en
place.
Une commission de sécurité
pourra se rendre sur les lieux pour vérifier le
respect des normes de sécurité, conseiller des
aménagements, donner son accord ou refuser
l'organisation d'une manifestation.
La lettre d'autorisation d'une
manifestation doit comporter les informations
suivantes :
nom
et coordonnées de l'association,
nom
du président,
description
des caractéristiques de la manifestation : lieu
exact, date, programmation précise, information
sur le public, calendrier de préparation du site
(si besoin), circulation à mettre en place et
tout renseignement concourrant à la présentation
de l'événement
D'autres démarches
administratives sont à effectuer :
auprès
de l'assurance pour vérifier que l'association
est bien couverte pour l'organisation de la
manifestation, dans sa préparation avec les
bénévoles et sa réalisation (bénévoles,
artistes, public et matériel),
auprès
de la société des auteurs (SACEM/SACD). Le droit
d'auteur constitue la rémunération du travail
d'écriture, de composition. Il est reconnu par
le Code de la Propriété Intellectuelle. Ces
droits sont à la charge de l'organisateur qui se
doit de déclarer, à l'avance, le programme et
les artistes pour obtenir une autorisation de
diffusion des œuvres. Cette déclaration
s'effectue 15 jours avant une diffusion musicale
auprès de la SACEM et un mois avant une
représentation théâtrale (avant la programmation
des répétitions), auprès de la SACD. Les droits
d'auteur sont proportionnels au montant des
recettes réalisées (billetterie,
consommations…), une redevance minimale est
calculée d'après le budget global de la
manifestation. Ils sont versés à la SACEM/SACD.
Les contrats
Un petit préambule sur le
spectacle amateur s'impose. Le principe
essentiel de l'amateurisme repose sur le fait
que les pratiquants ne doivent tirer aucune
rémunération de l'activité. Le décret n°52-1 253
du 19 décembre 1953 précise qu'ils doivent
« tirer leurs moyens habituels d'existence de
salaires ou de revenus étrangers aux diverses
activités artistiques des professions du
spectacle. »
Souvent structurées autour d'une
association loi 1901, les compagnies amateurs se
doivent d'être extrêmement vigilantes quant à
leur fonctionnement. Le nombre de
représentations annuelles, ouvertes au public,
est limité à six. Si des recettes peuvent être
perçues au cours de ces représentations, comme
toute autre association, elles ne doivent en
aucun cas être reversées à leurs membres. Il
s'agit d'un véritable acte bénévole.
Le contrat d'engagement
Il est conclu directement entre l'artiste et
l'organisateur. S'il s'agit d'un groupe
d'artistes, le producteur est l'employeur direct
de chacun des artistes, il se charge donc de
toutes les déclarations nécessaires ainsi que de
l'établissement des feuilles de paye des
artistes et des techniciens.
Doivent figurer sur le contrat :
nom et adresse complète de l'artiste et de
l'organisateur ; le pseudonyme éventuel de
l'artiste ; la date du spectacle ; l'appellation
précise de la prestation de l'artiste ; le
montant du cachet (préciser brut ou net) ; les
noms des partenaires/artistes associés et le
montant de leur cachet également détaillé.
Seront également précisés les
informations suivantes : l'heure de début du
spectacle, du passage des artistes ; la durée de
la prestation ; l'adresse complète et précise du
lieu de la manifestation ; l'intitulé de la
manifestation ; l'heure d'arrivée des artistes
sur place pour la préparation de la prestation ;
les clauses concernant la sonorisation et
l'éclairage fournis par l'employeur et/ou
l'artiste ; les dimensions de la scène, des
loges (lieu de repli si besoin) ; une clause
indiquant les conditions de paiement de
l'artiste.
Les contrats (en 2 exemplaires)
doivent être datés et signés uniquement par
l'artiste et l'employeur avec la mention « bon
pour accord sans aucune réserve » et si possible
munis des cachets des 2 parties.
Le contrat de vente ou contrat
de cession de droits de représentations
Conclu entre le producteur et l'organisateur.
Dans ce cas, l'organisateur achète un spectacle
« clé en main », c'est le producteur qui doit
assurer l'ensemble des formalités
administratives liées à l'embauche des artistes
et techniciens liés au spectacle.
Dans tous les cas, il est
important de connaître l'employeur des artistes.
Dans le cas d'un contrat de vente, si le
producteur n'assume pas son rôle d'employeur, la
responsabilité de l'organisateur peut être
engagée, les dispositions du Code du Travail le
considérant alors comme employeur des artistes
et techniciens et donc redevable des cotisations
sociales.
Il est important de bien lire
les contrats qui engagent chacun des
cosignataires. Le jour du spectacle, ce contrat
constitue un document de référence par rapport
aux exigences qui peuvent survenir. Toute
demande (technique, financière ou autre) non
prévue dans le contrat n'est pas recevable.
Il est donc indispensable que
des informations élémentaires y figurent, voire
que des précisions soient apportées.
Le contrat doit indiquer : les
états civils des structures contractantes et le
nom des signataires avec le n° siret, le code
ape, l'inscription au registre du commerce et la
référence de la licence d'entrepreneur de
spectacle ; le titre du spectacle vendu ; le
lieu, la date et l'heure de la représentation,
le prix de vente TTC avec indication de la TVA ;
les modalités de paiement avec les délais
éventuels, ce que le prix inclut (salaires et
charges obligatoirement), ce qui reste à la
charge de l'organisateur (transport,
hébergement, restauration…) ; les conditions
d'annulation ; l'assurance de responsabilité
civile.
Le
contrat de coproduction et le contrat de
coréalisation
Généralement, la coproduction recouvre les
notions de création et de diffusion, la
coréalisation recouvre uniquement la diffusion.
Ces notions ne comportent cependant pas de
définition légale, leur usage et par conséquent
leur contenu, est donc laissé à l'appréciation
des parties. I l est important que le contrat
précise les rôles de chacun des cocontractants.
Le contrat de coréalisation
permet à l'organisateur de limiter les risques
financiers tout en garantissant au producteur un
montant minimum convenu préalablement. A ce
revenu minimum assuré, s'ajoute un pourcentage
qui s'applique au-delà du nombre d'entrées
défini lors du contrat entre les deux parties.
Pour conclure sur ce chapitre
contrat, il est vivement recommandé d'être
prudent et attentif au contenu des contrats. Il
est important notamment de connaître l'employeur
des artistes et techniciens attachés au
spectacle et de s'assurer que les formalités
liées à l'embauche sont faites. En cas de
défaillance de l'employeur, le cosignataire
engage sa responsabilité, étant considéré comme
solidaire des dettes sociales et fiscales
résultant de l'activité.
Le Guichet Unique
Ce service est uniquement réservé aux
organisateurs occasionnels qui satisfont aux
exigences suivantes : ne pas avoir pour activité
principale l'exploitation de lieux de spectacle,
la production ou la diffusion de spectacles ;
organiser des représentations dans la limite de
six par année civile ; employer sous contrat à
durée déterminée des artistes du spectacle ou
des techniciens attachés au spectacle.
Ce service est gratuit, il
permet à l'organisateur de répondre à l'ensemble
des démarches liées à l'embauche d'artistes et
techniciens : déclaration préalable, déclaration
unique et simplifiée des cotisations pour
l'ensemble des organismes.
La billetterie
Les billets délivrés doivent être extraits d'un
carnet à souche comportant trois volets
reproduisant les mêmes informations :

une
souche agrafée, conserve par l'organisateur en
tant que pièce comptable,

une
partie de contrôle détachée à l'entrée,

une
partie du billet conservée par le spectateur.
Tous les billets doivent
comporter obligatoirement les informations
suivantes :
nom
de l'organisateur,
titre
du spectacle,
date
et lieu de représentation,
numéro
d'ordre du ticket (d'une série ininterrompue),
catégorie
de la place,
prix
global acquitté par le spectateur,
nom
du fabricant.
Tous les spectateurs doivent
être munis d'un billet, qu'ils aient ou non
acquitté d'un droit d'entrée. Cette mesure
permet à l'organisateur de connaître le nombre
de personnes présentes sur le site. En cas de
contrôle, le principe retenu par les services
fiscaux est la présomption de recettes non
déclarées pour les personnes présentes sans
billet.
Le fabricant des billets est
tenu de déclarer la billetterie au service des
impôts. Si les billets sont fournis par un
imprimeur, celui-ci a l'obligation de déclarer
la livraison aux organisateurs de spectacles.
Cette déclaration est déposée dans les huit
jours suivant la livraison.
SACEM - SACD
Le droit d'auteur est régi par le code de la
propriété intellectuelle, c'est la rémunération
du travail d'écriture, de composition,
d'édition, de création. Ce droit confère au
titulaire une propriété privative lui permettant
de déterminer les conditions de l'exploitation
de son œuvre.
Les droits d'auteur sont défendus par la SACEM (Société
des auteurs, compositeurs et éditeurs de
musique) et la SACD (Société des auteurs et
compositeurs dramatiques), sociétés qui agissent
au nom de leurs membres afin de faire valoir
leurs droits partout où leurs créations sont
utilisées. Une œuvre est protégée pendant la vie
de l'auteur et 70 ans après sa mort. A
l'expiration de ce délai, l'œuvre tombe dans le
domaine public et son utilisation est libre.
C'est à l'organisateur de
spectacles de s'acquitter des droits d'auteur.
Il devra faire connaître son projet et demander
une autorisation préalable pour les œuvres
diffusées. Les droits d'auteur seront versés
après la manifestation.
L'ensemble de ces rubriques vous
donne un aperçu des démarches à effectuer pour
programmer du spectacle vivant. D'autres aspects
sont à prendre en compte : sécurité, spectacle
avec enfants, fiscalité… Il vous est vivement
conseillé de prendre l'attache des services
concernés pour de plus amples informations.
Sources utilisées pour la
rédaction de ce guide :
Guide culturel du Pays des Six Vallées (2004) ;
Guide de la Vie associative en
Charente-Maritime,
DDVA 17, édition 2006 ;
Le guide de l'organisation de spectacles, par
Philippe Kochert, mars 1999, éditions
Territorial